Ni optimiste, ni pessimiste, mais objectif

On tente souvent de diviser les gens en deux catégories : ceux qui voient la moitié pleine du verre et ceux qui voient la moitié vide, les optimistes et les pessimistes. Trop simple, trop réducteur. Car les optimistes passent pour des naïfs (« Comment peux-tu y croire encore quand tu vois que tout va de plus en plus mal ? C’est peut-être parce que tu n’as pas un regard assez avisé sur le monde et que tu ignores donc la profonde tragédie de la vie », il ne manque que le violon pour accompagner ces paroles) ou des égoïstes (« Comment peux-tu être heureux – car les optimistes sont souvent heureux, c’est prouvé – quand tu vois la souffrance du monde ? C’est peut-être parce que tu es égoïste ») alors que les pessimistes passent pour des rabats-joie (« Comment peux-tu ne voir que le malheur, et cette belle fleur qui vient de naître, et cet homme qui a sauvé cet inconnu de la noyade? C’est peut-être parce que tu n’as pas un regard assez avisé sur le monde et que tu ignores donc la profonde beauté de la vie ») ou des éternels insatisfaits (« Comment peux-tu te plaindre que tout va mal alors que tu as de quoi manger, de quoi boire, un logement, une famille… ? Que devraient dire ceux qui n’ont rien ? Tu es égoïste de ne voir que tes problèmes »). Au fond, optimiste ou pessimiste, on nous oppose les mêmes arguments simplistes. Entre les deux, je préfère l’objectivité. En effet, je tente de voir le verre dans son ensemble, avec ce qui lui manque (la moitié vide) mais aussi avec ce qu’il possède (la moitié pleine). C’est cela voir le monde avec objectivité. Et donc avec réalisme. Le bonheur n’est jamais parfait et le malheur n’est jamais total.

Le problème de ceux qui ne voient qu’une moitié c’est qu’ils finissent par ignorer l’autre moitié. Ils sont borgnes alors qu’ils ont deux yeux. Il faut voir le monde avec ses deux yeux.

L’optimiste et le pessimiste revendiquent tous les deux la profondeur de leur vue, pourtant diamétralement opposée, alors qu’en fait ils ne voient que ce qu’ils ressentent eux-mêmes. L’optimiste n’est pas optimiste parce qu’il a vu la joie, mais il voit la joie parce qu’il est optimiste. Le pessimiste n’est pas pessimiste parce qu’il a vu le malheur, mais il voit le malheur parce qu’il est pessimiste.

L’objectif sort de soi et essaie d’avoir une vue d’ensemble qui fait une place au réel, qui ne refuse ni le bonheur des uns ni le malheur des autres. L’objectif seul peut changer le monde car lui seul le connaît. L’optimiste ne voit pas la nécessité d’une amélioration et le pessimiste n’y croit pas. L’objectif, grâce à son regard ouvert, voit la beauté tout autant qu’il voit la laideur et il sait que les deux sont possibles mais qu’aucune n’est totale. L’objectif ne se laisse pas abattre car il voit les améliorations existantes ou possibles mais il ne s’illusionne pas non plus car il voit la force des difficultés à dépasser.

L’objectif a plus de chances d’améliorer le monde car il travaille avec la réalité et non contre elle.

Quand l’objectif soulève le verre, il est conscient qu’il ne soulève pas qu’une des deux moitiés. S’il ne voit que la présence du liquide, il finit par en manquer car il ne voit pas la nécessité d’en rajouter. S’il ne voit que l’absence du liquide, comment fera-t-il pour le boire ?

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